Cahiers de l'École des Beaux-Arts

Paris 1990

Photo © Dorothée Selz

A propos du bonheur des sculptures éphémères, quelquefois comestibles et autres fugacités

Dorothée Selz

Paris, janvier 1990

Texte pour la revue  Les Cahiers de psychologie de l’art et de la culture n°16, Les bonheurs de l’art (1), éditions école nationale supérieure des beaux-arts, Paris 1990

Il existe sans doute des bonheurs différents, éprouvés, donnés et partagés dans les diverses disciplines de l’art, l’art écrire, l’art de peindre, de sculpter,  de dessiner, l’art de composer, l’art de filmer ou de fixer des images, l’art de rêver.

Dans l’art des choses éphémères, touchées, humées et goûtées par le public,  le bonheur réside dans le fait d’offrir un instant insolite, unique, de partager, peut-être, un moment de bonheur. Prétendre offrir du bonheur est sans doute simple, utopique. Peut-être est-ce l’improbable qui court après l’impossible. Mais l’instant est de courte durée. Le risque moindre. Seule la mémoire reste.

Dans les démarches apparemment fragiles des sculpteurs de sable, de glace ou d’herbes, pour ces étranges poètes dans l’ombre ou la lumière et sous toutes les latitudes, l’idée seule du Bonheur – au-delà de sa durée – me semble être le secret  le plus solide.